Pourquoi EFFICIENCE EMPLOI?

Pour monter un observatoire en ligne des actions les plus efficientes en matière d’emploi, de formation professionnelle et d’insertion par l’activité économique.

Pourquoi un tel site?

Afin de montrer au public intéressé que les porte-voix officiels de l’emploi, les chefs d’entreprise, les syndicats, les politiques, les fonctionnaires, les économistes, les banquiers, les journalistes, etc., ne sont pas les seuls à s’intéresser aux actions, aux organisations et aux politiques menées pour lutter contre le chômage dans notre pays.

Dans quel but?

Notre projet n’est pas de faire un énième observatoire économique, spécialisé dans les questions d’emploi, mais d’observer, d’analyser et de rendre compte d’un certain nombre d’actions publiques qui nous semblent les plus pertinentes, c’est-à-dire les moins coûteuses et les plus efficaces en matière d’accès à l’emploi. Les actions privées nous intéressent aussi. Mais nous nous concentrerons seulement sur celles qui ont pour objectif le placement, l’accompagnement, la formation et l’insertion des demandeurs d’emploi.

Pour quelle utilité?

Notre idée est de faire connaître les structures, les mesures et les dispositifs qui combattent le mieux le chômage, sans pour autant provoquer de dépenses publiques somptuaires. Nous pensons que ce postulat donnera au plus grand nombre l’envie de les découvrir et peut-être de les utiliser à leur tour. Nous contribuerons ainsi, à notre manière, à l’assainissement des finances publiques et au développement socioéconomique, voire à la création d’emploi.

Notre démarche permettra de percevoir des initiatives réussies, des volontés de toutes sortes conciliant avec une certaine habileté l’économique et le social.

Nous créerons des liens contribuant à valoriser des hommes, des femmes, des structures, des lieux, des expériences susceptibles d’être dupliquées aux quatre coins de l’hexagone. Nous prendrons nos exemples principalement en France, mais nous nous n’interdirons pas, en fonction de nos moyens, d’aller en chercher aussi à l’étranger.

De quelle manière?

Dans les faits, il s’agit d’analyser et d’évaluer dans le secteur public ou privé, un certain nombre d’actions et de structures locales ou nationales, spécialisées dans les domaines de l’emploi, la formation professionnelle et l’insertion par l’activité économique.

Cliquez sur ces liens si vous voulez en savoir plus:

Cette recherche d’actions positives et de structures porteuses en matière d’emploi n’est pas simple à réaliser, en particulier en France où le niveau des dépenses publiques atteint 57% du PIB national, soit 9 à 10 points de plus que la moyenne des autres pays de la zone euro. On peut se demander, sans ironie fortuite, si ce type d’opération ou d’organisation existe en France ? Toutefois, ce n’est pas forcément le niveau des dépenses publiques d’un pays qui conditionne son niveau de richesse ou son efficacité économique. Le Danemark et la Suède sont deux pays abonnés aux dépenses publiques et on ne peut pas affirmer pour autant qu’ils soient mal gérés. Leurs taux d’endettement sont parmi les plus bas de l’Union européenne (respectivement 40,3 et 44% du PIB en 2013) et leurs PIB par habitant ainsi que leurs taux d’emploi sont parmi les plus élevés des pays de l’OCDE. Pour beaucoup d’experts, leur bonne santé économique est liée à leur petite taille, à leur niveau général de formation, à leur discipline collective, mais également à leur pragmatisme, considérés comme des points forts face à la mondialisation. S’ajoute à cela, une volonté d’indépendance en refusant de rejoindre la zone euro, alors qu’ils sont membres de l’Union Européenne. Ces atouts apportent une certaine cohésion sociale et autorisent les pouvoirs publics à engager des réformes de fond, comme par exemple la flexisécurité au Danemark ou la limitation de l’emploi à vie dans les administrations suédoises. De là à imaginer une transposition en France ? Cela semble prématuré, quasiment irréalisable sans révoltes ni paralysie du pays. Les prédispositions françaises paraissent éloignées d’un tel modèle de société. Pourtant, il est probable qu’elles donneraient un vrai coup de fouet à nos mentalités engluées dans l’immobilisme. Notre balance commerciale est dans le rouge depuis 2003 et notre compétitivité industrielle est en baisse chronique. La productivité de nos entreprises est en chute libre et celle de nos services publics est depuis des décennies un sujet tabou. La cherté de l’euro n’est pas seule en cause, le niveau très élevé des prélèvements obligatoires (43,8% du PIB en 2012) pénalise notre pays et réduit ses chances de rebondir. Ce n‘est pas a priori en proclamant seulement la fin de l’austérité, la relance par la consommation et de nouvelles augmentations d’impôts que la France sortira de cette spirale de l’endettement (208% du PIB en 2010). Le taux d’endettement public représente à lui seul 95% du PIB en 2013.

La France souffre vraiment d’un manque d’efficience. Les français reportent leurs contradictions sur le monde politique, lui reprochant sa frilosité et son absence de courage, mais la situation est plus grave : elle requiert de leur part un changement de culture et de comportement admettant que « l’État ne peut pas tout », pour reprendre la célèbre phrase d’un premier ministre socialiste, sûrement pas empêcher les licenciements et la fermeture d’entreprises moribondes. Pour se protéger de la précarité professionnelle grandissante, le nombre de lois et de règles sociales en faveur des salariés ne cesse d’augmenter, mais le nombre d’entrepreneurs, prêts à prendre des risques et à relever le défi de la création d’entreprise, lui ne se décrète pas. Selon Christian Saint-Étienne, « le rôle de l’entreprise est mal perçu dans sa nature et ses effets par la société française et ses dirigeants, celui de l’entrepreneur l’est encore moins. Il reste un acteur socioéconomique dont l’utilité demeure contestée » (France : état d’urgence, une stratégie pour demain, Odile Jacob, 2013). Or, l’avenir des français passe par une reconquête de leur autonomie, ne serait-ce que pour redonner un peu de crédibilité à leur État providence en faillite…

La recherche de l’efficience dans notre cas précis est beaucoup plus simple. Elle ne se fixe pas pour objet de remettre en cause les réseaux en place, les syndicats professionnels ou de salariés, nombreux à défendre, l’emploi, la formation et l’insertion, dans notre société, frappée par le chômage de masse. Elle est avant tout une manière de voir, ouverte, au service de tous, signifiant clairement que les actions et les organisations qui luttent contre le chômage ne doivent pas reposer essentiellement sur une culture inconditionnelle de la dépense publique.  Contrairement aux idées toutes faites, certaines aboutissent à des résultats réels pour un moindre coût et une plus grande efficacité. Toutefois, parce qu’elles ne sont pas reliées à des subventions systématiques ou au soutien de l’administration, les pouvoirs publics éprouvent des difficultés à les reconnaître à leur juste valeur…

Notre volonté n’est pas seulement de faire découvrir des actions, des structures et des personnes exemplaires, il est question aussi de repérer les principaux obstacles qui empêchent les projets, les activités et les organisations d’être plus efficaces et moins coûteuses socialement pour la collectivité. Une évaluation active ne se conclut pas forcément par un manque de moyens : ni le public ni le privé ne détiennent la vérité sur ces sujets ; ce sont souvent des valeurs partagées, des idées nouvelles, des initiatives multiples et des expériences assumées qui font le lit des compétences sur un territoire ou dans une structure donnée.

Il s’agit donc de mettre en ligne un observatoire de l’efficience en matière d’emploi, de formation professionnelle et d’insertion par l’activité économique en s’appuyant sur un site internet ou un blog pour présenter le résultat de notre travail d’analyse et de recherche.

Notre ambition, encore une fois, est de faire découvrir et d’éclairer les personnes morales et physiques intéressées par ces thématiques, trop souvent monopolisées par le pouvoir en place ou les médias spécialisés.

Il semble intéressant de communiquer aux internautes que des professionnels de l’emploi, de la formation et de l’insertion ne se cantonnent  pas uniquement à leurs métiers. Qu’ils sont capables de sortir de leurs pratiques professionnelles et de prendre de la hauteur, communiquer en toute indépendance sur leur travail, leurs actions, mais aussi sur leurs résultats (leurs échecs ou leurs réussites) et faire des propositions concrètes susceptibles d’améliorer l’existant. Pour cela, il est nécessaire d’avoir une certaine liberté de parole et d’action.

Les contributions écrites seront de préférence documentées et détaillées, parfois certainement polémiques, sachant que dans ces domaines il est très difficile de faire l’unanimité. Leur fréquence de parution se fera en fonction de nos possibilités et de nos opportunités. Il s’agira le plus souvent d’une analyse thématique ou de l’interview d’une personne qualifiée.

Avec l’animation de ce site, nous essaierons d’attirer l’attention, en posant invariablement la même question : quelles sont, selon vous, les mesures ou les actions en matière d’emploi, de formation et d’insertion, les plus efficaces et les moins coûteuses pour la collectivité? Si celles-ci réclament d’importants moyens financiers, il faudra qu’elles le justifient en s’adressant à un public particulier, dans un domaine spécifique, en obtenant des résultats convaincants. Hélas, en France, les ministres et les élus locaux ramènent souvent leurs capacités d’action et leurs éventuels résultats aux montants de leurs budgets. Les politiques sont rares à croire aux vertus de l’efficience en matière de dépenses publiques, notamment lorsqu’il s’agit de se maintenir au pouvoir. Lorsque les comptes publics sont dans le rouge, il est de bonne guerre (ou de mauvaise foi) de laisser croire que l’on n’y est pour rien et de faire porter le chapeau à ses adversaires.

En clair, notre démarche ne trouve pas de qualité exceptionnelle au modèle hexagonal. En France, l’État et les collectivités territoriales demeurent les principaux décideurs et producteurs de services publics. Ils détiennent le monopole de l’intérêt général. Une omnipotence, loin de donner satisfaction et de faire l’unanimité, surtout lorsqu’on regarde de près leurs actions et leurs performances. A Efficience Emploi, nous souhaitons donner une place plus importante au secteur privé (associatif et lucratif). Lequel serait tenu d’obtenir des résultats et de respecter un cahier des charges, à partir d’indicateurs d’appréciation, similaires à ceux que nous préconisons sur notre site. Un traitement identique devrait être administré aux services publics disposant des mêmes compétences. Il permettrait de repérer et de soutenir les organisations les plus efficaces et de préférence les moins coûteuses.

A l’opposé de Vincent de Gaujelac, sociologue (La société malade de la gestion, Seuil 2005), nous considérons que la société est malade de son manque de gestion, surtout dans le secteur public où les gaspillages sont légion. Il est vrai que cette culture du chiffrage qu’il dénonce n’est pas toujours appropriée. Son application sur le terrain est loin d’être une réussite. Pourquoi concerne-t-elle certains et pas d’autres ?  Les indicateurs choisis par les pouvoirs publics manquent parfois de pertinence et ne mettent pas suffisamment en exergue les résultats obtenus et les économies réalisées.

Efficience Emploi le, 30 septembre 2013

 

Le fondateur du site, Pierre Gandossi, est consultant en management et conduite de projet. Travailleur social de formation et diplômé en sciences économiques et sociales, il a travaillé plus de vingt ans en zone urbaine sensible et dirigé plusieurs organisations dans les domaines de l’emploi, de la formation et de l’insertion: mission locale, comité de bassin d’emploi, pôle emploi et d’insertion, maison de l’emploi, Plan local d’insertion par l’emploi (PLIE) et organisme gestionnaire de CFA. Engagé parallèlement dans l’économie sociale et solidaire, Il a fondé et présidé différentes structures: centre de formation d’apprentis, association intermédiaire, entreprise d’insertion, entreprise de travail temporaire d’insertion et association de services aux personnes. Ses initiatives ont fait de lui un professionnel de l’emploi et un entrepreneur atypique qui cherche aujourd’hui à transmettre son expérience et son savoir-faire. Il a été aussi chargé de cours et formateur dans plusieurs établissements d’enseignement. Il a été également trésorier et vice-président de l’Assedic Ouest Francilien pour le compte de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) et membre de plusieurs comités locaux et réseaux régionaux dont la finalité était la lutte contre l’exclusion et le développement de l’insertion par l’activité économique. Il a collaboré, enfin, en tant qu’auteur, à plusieurs revues spécialisées, dans l’analyse, la prospective, la vie associative, l’emploi et la formation. Il est accompagné dans cette démarche par un conseil d’administration composé de professionnels de l’emploi, de la formation, du social et de l’insertion.

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Pierre Gandossi, fondateur du site, photographié dans la cour du CFA AFIPE de POISSY SARTROUVILLE qu’il a également fondé et présidé durant de longues années